Eclaircissement sur les valeurs européennes, par la philosophe Monique Castillo

A la suite de mon article sur les valeurs européennes, une réponse percutante, tonifiante et profonde m’a été envoyée par MONIQUE CASTILLO, philosophe, amie et auteur de Faire renaissance: une éthique publique pour demain.

Tout à fait d’accord avec l’idée que l’Europe a ses valeurs comme richesse et comme mobile d’ouverture et d’action. C’est d’ailleurs la vocation cosmopolitique qu’elle s’est donnée avec la modernité politique des Lumières.

Mais ses « valeurs » actuelles sont racornies, rapetissées et un peu hypocrites. Elles sont protectrices d’un sorte de classe moyenne qui tient à sa qualité de vie, y compris la morale pacificatrice qui la représente. Nombre de personnes qui se disent « pour » les migrants » sont en vérité « contre » ceux qui résistent. La compassion est un détecteur de souffrance, mais elle n’est pas un remède : il faut les moyens linguistiques, économiques, culturels et professionnels nécessaires à une intégration conviviale. Par ailleurs, nos « valeurs  » individualistes n’intéressent pas les cultures dont le fort communautarisme leur procure de la fraternité et du bonheur.

Il me semble donc que l’idée est juste, forte et décisive. Mais qu’il faut faire un détour par la critique de nos « valeurs » justement, pour distinguer entre les vraies et les fausses, entre celles qui sont porteuses d’une transmission de force généreuse et responsable et celles qui sont protectrices de corporatismes et privilèges fort égocentriques. Il me semble aussi que les personnes qui ont aujourd’hui 40-50 ans le comprennent mieux que celles qui ont 60-70 ans. Les premières ont la réalité en face, à commencer par la réalité professionnelle.

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