(2) Europe sociale, pourquoi en parler ? Épisode 2  

(2) Une raison politique

Les populismes, une poudrière européenne

De nombreux citoyens européens ont l’impression que l’Europe véhicule une idéologie libérale qui ne les prend pas suffisamment en compte et même introduit une déshumanisation, une destruction du lien social.

Or ceci est politiquement dangereux car fait le lit de populismes – contraires aux valeurs démocratiques – qui conviennent à tous ceux qui se sentent négligés, pas reconnus, invisibles aux yeux des visibles qui sont « dans le système » alors qu’eux se vivent exclus, à l’extérieur et finalement « désidentifiés ».

Ce phénomène apparaît clairement dans les populismes identitaires de 7 pays sur les 15 d’Europe centrale. Trois d’entre eux, Pologne, Hongrie et République tchèque sont à la pointe de revendications identitaires. Rappelons que ces pays de l’Est de l’Europe n’ont pratiquement jamais connu la démocratie et que leurs institutions sont récentes et fragiles. Ils se battent pour leur identité culturelle, contre l’ouverture des frontières et le multiculturalisme, pour une société fermée plutôt qu’ouverte, pour un nationalisme plutôt qu’une souveraineté européenne. Ceci heurte de front le projet et les valeurs de l’UE depuis 60 ans.

Et bien que les taux de chômage[1] de ces pays soient largement inférieurs à ceux de la France ou de l’Italie et qu’ils bénéficient d’aides consistantes des « Fonds structurels[2] » (la Pologne est la première bénéficiaire des Fonds structurels), ils revendiquent également un illibéralisme économique s’opposant justement à la vague libérale mondiale qu’ils considèrent comme une idéologie, ainsi qu’à l’ouverture des frontières à l’intérieur de l’Union, qu’ils considèrent dangereuse et porteuse de « désidentification ». 

Ce sentiment de déclassement qui induit le populisme n’existe pas seulement chez eux. Il est certainement l’une des origines du vote britannique en faveur du Brexit, de l’expansion du Front National en France et de l’Afd en Allemagne, et tout récemment de la percée spectaculaire des forces populistes et anti-européennes en Italie.

 

 

 

[1] 2,9 % en République tchèque ; 4,9 % en Pologne ; 5 % en Hongrie

[2] Les Fonds structurels (notamment le Fonds social européen et le FEDER) apportent des aides consistantes aux pays et régions de l’UE dont les revenus sont inférieurs à la moyenne européenne

 

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