(4) Europe sociale : pourquoi en parler Épisode 4

(4) Une raison de culture personnelle

Mon histoire familiale

 

A partir de ses expériences d’entrepreneur, mon père s’est forgé quelques idées simples sur les meilleures façons que son entreprise soit rentable, idées qu’il a transformées en actes concrets. Je précise que cette entreprise industrielle de taille moyenne était dirigée par un triumvirat.

Plus les gens sont heureux et contents d’y travailler, meilleurs sont les résultats de l’entreprise. Dans son entreprise, les syndicats étaient des interlocuteurs privilégiés, indispensables. Il les préférait forts.

Mon père a souvent dit que les gens apportaient des idées pratiques auxquelles il n’avait pas pensé. Il a fait le constat que les gens de chaque échelon sont ceux qui connaissent le mieux leur travail, sont donc les mieux placés pour détecter les problèmes et proposer des solutions. Qu’il est donc indispensable d’écouter tout le monde et chacun à tous les niveaux de l’entreprise.

Dans ce but, il a organisé concrètement une remontée de l’information Bottom up depuis les ouvriers jusqu’en haut de l’entreprise, en passant par les échelons intermédiaires ; alors qu’aujourd’hui, le management habituel est souvent encore plutôt Top down.

Les valeurs de l’entreprise sont le fruit d’un consensus. Ces valeurs sont définies avec tous : tout le monde participe à leur élaboration, chacun adhère ainsi à la version finale, régulièrement actualisée. Les membres de l’entreprise savent pourquoi ils travaillent, comprennent le sens de ce qu’ils font. Ce processus crée un sentiment d’appartenance.

Concernant les modes de décision : grâce au dialogue, arriver chaque fois que possible à un consensus. Dans les cas (peu nombreux, selon lui !) où le consensus n’est pas possible, trancher.

 Je ne sais pas si aujourd’hui, cette façon de manager peut encore être un modèle, je sais simplement que j’ai été élevée dans cette culture d’équilibre entre l’économique et le social, et qu’elle me semble donner de bons résultats.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*