L’Union européenne est menacée de destruction

L’Europe prend l’eau, elle est menacée d’éclatement, menacée de destruction. On la croyait solide et définitive, elle est fragile.

Le pire n’est pas sûr, mais n’est plus exclu.

C’est Solidarité et coopération contre Chaque pays fait ce qu’il veut tout en bénéficiant des avantages que lui apporte l’UE

Je ne crois pas que la grande majorité des citoyens des différents pays veulent réellement la disparition de l’UE. Même ceux qui s’affichent contre ou ceux qui sont désabusés et déçus se rendent compte plus ou moins confusément que la construction de l’Europe a été et continue d’être une œuvre titanesque et un travail colossal, et que tous y perdraient.

Concrètement certains veulent le beurre, l’argent du beurre et la crémière : faire ce qu’ils veulent dans leur pays ET continuer à bénéficier de la solidarité européenne – par ex recevoir de l’argent européen – ET à tirer parti de la libre circulation des produits et des services entre les pays.

Il y a un moment où cela doit s’arrêter. Ce n’est pas possible ! Certains, de plus en plus nombreux, ne font que profiter, en considérant que les avantages leur sont dus !

Mais les dirigeants de la moitié centre et est de l’UE, du Danemark à l’Italie, ne sont plus favorables à une solidarité et à une identité européenne. Les peurs sont là : va-t-on vers une « africanisation » ou une « musulmanisation » de l’Europe ?

J’ajoute que la plupart des Etats-membres (EM), si ce n’est tous, ne respectent pas dans leur pays les engagements qu’ils prennent au niveau européen. À commencer par la France qui se fait régulièrement retoquer par les Institutions européennes pour non respect de règles européennes (qu’elle a pourtant votées) aussi bien en matière fiscale que dans le domaine de qualité de l’air ou des droits de l’homme.

Alors que fait-on ?

 On revient aux « valeurs » européennes d’origine ?

Telles qu’énoncées dans l’article 2 du Traité sur l’Union européenne, les voici :

« Respect de la dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, État de droit et respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités »

« Pluralisme, non discrimination, tolérance, justice, solidarité et égalité entre les femmes et les hommes ».

 Telles (plus actualisées et plus concrètes) que je les ai énoncées sur  BlogMonEurope dans un article consacré aux valeurs européennes intitulé  »   L’Europe dans une monde de brutes » du 4 décembre 2017 :

1- respecter la dignité de la personne humaine
2- reconnaître la liberté religieuse et la laïcité
3- que chaque Etat-membre soit une démocratie parlementaire multipartiste qui respecte les droits des minorités et le principe de non discrimination
4- assumer le caractère pluraliste de l’UE – composée de pays divers – grâce notamment au principe de subsidiarité[1]
5- avoir une croissance économique suffisante, pour avoir les moyens de
6- faire vivre l’impératif de solidarité et de justice sociale, et de
7- prendre en compte l’environnement et faire avancer le développement durable
8- accepter la responsabilité particulière de l’Europe vis-à-vis du reste du monde
9- admettre que le processus de décision européen soit lent car il repose sur la concertation

Comme on le sait, nombre de ces valeurs sont aujourd’hui bafouées par les États-Membres (EM).

 On narre un « récit » européen en racontant les paroles énoncées, les actes posés, les actions menées, les relations tissées, les enthousiasmes, les émotions, les fils conducteurs ?

À ma connaissance, cela n’a jamais été vraiment fait, ce serait une ouvre collective, passionnante. Bien sûr de nombreuses histoires de l’Europe et de l’UE ont été publiées, mais l’histoire européenne et un récit européen, ce n’est pas la même chose.

 On retrouve l’envie d’avancer ensemble ?          Comment ? On élabore ensemble des solutions intelligentes aux deux urgences majeures de l’UE : ce qu’on fait des migrants, ce qu’on fait des dysfonctionnements de la zone euro.

Car l’Europe a besoin de migrants[2], une politique d’accueil peut s’organiser si la question n’était pas si politisée. On a commencé à redessiner l’architecture de la zone euro mais ce n’est pas achevé. Le budget de la zone euro proposé par macron, accepté du bout des lèvres par Merkel, est refusé par d’autres pays.

Je ne parle même pas d’autres défis primordiaux : les EM continuent à se faire concurrence entre eux en matière fiscale et sociale (quelle absurdité !). D’où l’absolue nécessité, dite et redite, d’aller vers une convergence sociale et fiscale entre EM. Même si c’est difficile (unanimité, non compétence communautaire).

Insister sur les aspects sociaux et environnementaux : les gens veulent voir que l’UE se préoccupe occupe d’eux, et qu’elle s’occupe de la protection de l’environnement, autrement dit de l’avenir de leur planète.

Et d’autres défis majeurs qui nous attendent dans les quelques décennies à venir.

 

[1]Le principe de subsidiarité, souvent appelé principe de partage des compétences, ou encore principe de proximité : faisons tout ce que nous pouvons faire le mieux au niveau le plus proche du citoyen (ex : communal) ; remontons au niveau régional, puis national, enfin européen seulement lorsque cela peut être mieux fait à ces niveaux. L’UE est le niveau adéquat pour traiter par ex des questions de sécurité, de migrations, d’environnement, de commerce international ou de monnaie.

[2]cf le lien vers l’article des Échos « pourquoi nous avons besoin des migrants » cité sur  Blog MonEurope en date du 11/12/2017

4 Comments

    • Merci Béatrice de ta question.
      Je suis bien d’accord avec ta proposition, mais comment faire ?
      C’est difficile car les questions fiscales sont aux mains du bon vouloir des Etats membres, qui doivent décider à l’unanimité.
      Il suffit donc qu’un seul pays ne soit pas d’accord pour que rien ne puisse évoluer …
      Voilà pourquoi cela ne bouge pas depuis des lustres !
      De plus la France a une fiscalité atypique par rapport à celles des autres pays membres. Elle devrait donc faire un bon bout de chemin pour rapprocher sa fiscalité de celles des autres pays européens.
      Quant à la convergence sociale, j’ai écrit sur mon blog une série d’articles relative au social en Europe et ai l’intention de publier une autre série.

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