Que peut-on laisser d’autre à nos enfants et petits-enfants ?

L’Union européenne est actuellement dans un creux qui parait profond à beaucoup de citoyens européens ou extérieurs. De plus, plusieurs pays-continents cherchent à l’affaiblir, à la diviser, croyant que ce faisant, ils vont renforcer leur propre puissance.

Or, malgré toutes ces imperfections, insuffisances et carences, malgré toutes les critiques qu’elle essuie; malgré la désaffection qu’elle subit; malgré son caractère insuffisamment démocratique aux yeux de certains; malgré son fonctionnement laborieux, lent et pas du tout glamour ni sexy; malgré les coups de boutoir qu’elle reçoit, l’Union européenne a le mérite d’exister. Et de ne pas se laisser démanteler si facilement … Elle possède une dynamique propre qui repose sur ses Traités, ses Institutions, son « Acquis communautaire » (tout ce qui a déjà été voté), un budget propre (même s’il est largement insuffisant), des valeurs et des convictions communes (même si elles sont quelque peu ébréchées).

Bien sûr, à nos enfants et petits-enfants, nous pourrions laisser une planète en meilleur état. Mais leur laisser une planète plus saine paraît encore plus compliqué que d’aller vers une Europe plus forte, une Europe dont la voix s’entende dans le monde parce qu’elle se bat sur les bons enjeux, une Europe qui porte une conscience écologique et sociale.

Laissez-moi vous raconter ce que l’UE a fait et ce qu’elle n’a pas fait en 2018.

Ce que l’UE a fait en 2018

Au plan social  : lutte contre le dumping social

Je vous renvoie à l’article que j’ai posté sur mon blog le 12 décembre 2018  http://moneurope.laurence-dandlau.com/2018/12/12/leurope-sociale-illusion-ou-realite/

et en particulier la 4° partie « Vers un renouveau social » : j’y ajoute l’inclusion des transports routiers dans la directive « Travail détaché » révisée en 2018.

Au plan monétaire : l’Union bancaire a progressé

Soulignons que l’euro est largement plébiscité, 74% des Européens en ont une opinion favorable. Et que près de 14 millions d’emplois ont été créés dans la zone euro depuis 2013. Il reste à finir l’union bancaire et à bâtir un vrai mécanisme de soutien aux Etats en difficulté.

Au plan budgétaire ; l’assouplissement de fait des règles des 3% et des 60%

La Commission européenne négocie avec les Etats qui dépasse ces seuils, d’abord l’Italie, ce sera aussi le cas pour la France.

Au plan de la lutte contre l’évasion fiscale

Les mesures européennes anti évasion fiscales (ATAD) entrent en vigueur le 8 janvier 2019. En attendant le futur paquet de mesures début 2020. Lisez cet article du journal « Les Echos » ci-dessous.

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0600425490904-les-mesures-europeennes-pour-contrer-levasion-fiscale-entrent-en-vigueur-2233154.php#xtor=EPR-3035-%5Bzap%5D-20190105-%5BProv_article%5D-2000087

Au plan environnemental

L’UE vient d’adopter un objectif commun de réduction des émissions de CO2 des voitures sur le territoire européen.

Au plan de la cybersécurité

L’UE a préparé des normes communes.

Au plan des Frontières extérieures

Celles-ci sont renforcées.

Au plan des investissements chinois dans l’ensemble européen

L’UE s’oriente vers un contrôle de ces investissements.

Au plan du Brexit

Les 27 sont restés unis dans les négociations entre le Royaume-Uni et l’UE. Probablement la façon dont se passe le Brexit ne donne-t-elle pas envie à d’autres pays de l’UE de prendre le même chemin …

Bien sûr, tout cela peut paraître des pas petits et lents. Je rappelle que les décisions européennes sont le fruit de négociations permanentes exemplaires entre les Institutions européennes.

Ce que l’UE n’a pas fait ou réussi en 2018

L’UE n’a pas trouvé de terrain d’entente sur la taxation des GAFA.

La France va donc agir de son côté.

L’UE n’a pas avancé d’un pouce en matière de convergence (harmonisation) fiscale.

Et là, je ne vois aucune solution simple, puisque les Etats membres (EM) ont décidé, en matière fiscale, de garder leur souveraineté nationale et de faire prévaloir la règle de l’unanimité. Les EM se concurrencent entre eux grâce à l’arme fiscale ! Ce qui, plus que jamais, parait aberrant aujourd’hui. Au lieu d’affronter ensemble la concurrence mondiale.

Or pour changer cette règle de l’unanimité fiscale inscrite dans le Traité européen, il faudrait modifier le Traité. Et si le Traité était modifié (1ère étape), il faudrait qu’il soit ratifié bien sûr par le Parlement européen, mais surtout par chacun des EM (2ème étape). Dans les circonstances actuelles, serait-ce possible?

Les EM ne se sont pas laissé convaincre de l’utilité d’une politique migratoire commune

Chacun fait ce qu’il veut dans son coin. Les politiques migratoires restent nationales, relèvent de fait de la volonté de chaque EM

L’UE reste trop lointaine, trop bureaucratique, trop élitiste, elle ne fait plus recette, ne fait plus rêver

Ce que l’UE devrait faire dès 2019

S’occuper de ce qui préoccupe les gens : par exemple, créer plus de convergence sociale et fiscale au sein de l’Europe ; inventer une politique migratoire au niveau européen qui rallie l’accord des principaux EM

Taxer les GAFA à l’échelle européenne

Préparer une programmation budgétaire pour la période 2021-2028 permettants à l’UE de bénéficier d’un budget digne de ce nom

Rassembler au niveau européen les investissements dans l’économie du futur

Mais, les lignes de fracture au sein de l’UE sont nombreuses : Nord/Sud, Est/Ouest, anciens et nouveaux EM, pays vertueux/ pays laxistes, etc. Ce qui empêche – ou tout du moins freine – le développement de véritables grands projets …


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