Le processus du Brexit : chorégraphie ou rébus ? quelles leçons en tirer ?

A complex and rather « dirty » process

L’heure de vérité approche. Il est déjà possible de tirer des leçons des surprenantes aventures du Brexit.

Je suis d’abord frappée du contraste entre l’entente des 27 autres pays de l’UE d’un côté et les mésententes à l’intérieur du Royaume-Uni de l’autre. Je sais que certains journaux britanniques rendent responsables l’UE des méandres du processus Brexit. C’est évidemment tentant et facile ! Mais nous les Européens du continent n’avons pas du tout cette vision.

Les Anglais n’ont pas arrêté de se mettre les bâtons dans leurs propres roues. D’abord vis-à-vis de Mme May qu’ils n’ont jamais soutenue sauf peut-être maintenant. Je voudrais rendre hommage au courage de cette femme qui n’a jamais flanché devant les incessantes attaques dont elle a fait l’objet. Je ne parle pas de sa stratégie, il y en avait certainement d’autres possibles. Je parle de son courage.

Ensuite, les deux principaux partis conservateur et travailliste n’ont pratiquement jamais cessé de s’affronter, à qui aurait le plus raison. On a retrouvé les mêmes divisions entre conservateurs, entre travaillistes. Sans parler de leurs changements fréquents de position. Aucun parti n’était constamment certain de vouloir quitter l’UE. L’idée d’un nouveau référendum a débarqué de temps à autre, voire assez souvent, pour être ensuite évacuée : Brexit is Brexit. Et si les Britanniques revotaient pour décider une bonne fois pour toutes ? Ils diraient cette fois oui au Remain, paraît-il ! C’est ce qu’indiquent les sondages, mais … Et de toute façon, cela prend du temps d’organiser un référendum. Trop de temps.

Il est clair que la façon dont se déroule le processus du Brexit ne donne pas vraiment envie à d’autres pays de sortir de l’UE, même s’ils auraient pu en être tentés à un moment. Peut-être pensent-ils aux bénéfices du Marché unique !

Rien n’est encore finalisé. Un report de la date du 29 mars ? Pourquoi pas ! si c’est seulement de quelques semaines … Car l’élection des députés européens au suffrage universel de mai approche à grande vitesse. Si la date de sortie des Britanniques de l’UE – prévue pour le 29 mars – était reportée, quid des élections européennes ? Les Britanniques pourraient élire leurs députés au Parlement européen alors qu’ils seraient sortis de l’UE !?

Une sortie sans accord ? Tous les pays en pâtiraient. Personne n’est prêt à ça. Un problème est aigu : le filet de sécurité irlandais (« Backstop ») et le risque de relance de la guerre civile en Irlande.

Alors !? Les députés britanniques vont-ils enfin décider d’une position commune ? La balle est plus que jamais dans leur camp …

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