L’optimisme est de retour en Europe. L’Union européenne est-elle en train de se réinventer ?

C’est comme si l’UE avait pris conscience de la gravité de la situation économique issue du Covid-19, qu’elle devenait pro-active comme jamais et qu’elle prenait les grands moyens pour y faire face. Qu’il s’agisse des États membres, de la Commission présidée par l’allemande Ursula von der Leyen (dont je salue la motivation, l’énergie et la capacité de faire avancer les choses), de la Banque centrale européenne présidée par Christine Lagarde (dont je salue les positions éclairées et les actions) ou de la Banque européenne d’investissement.

Le plan de relance de l’Union européenne pour faire face aux conséquences économiques et sociales du Covid-19 le laisserait penser. Mais tout dépend de la façon dont il sera mené et des résultats qu’il donnera. 

C’est comme si l’UE avait pris conscience de la gravité de la situation économique issue du Covid-19, qu’elle devenait proactive comme jamais et qu’elle prenait les grands moyens pour y faire face. Qu’il s’agisse des États membres, de la Commission, de la Banque centrale européenne ou de la Banque européenne d’investissement. 

Car l’Europe affaiblie par ses divisions internes Nord/Sud (les fourmis et les cigales de La Fontaine) et Est/Ouest, l’Europe menacée de marginalisation entre des États-Unis et une Chine tous deux à la conquête de la première place mondiale, cette Europe semblait à bout de souffle, au bord de l’explosion disaient certains. C’était sans compter avec une capacité de résilience peut-être inattendue, en tout cas éclatante, me semble-t-il. Ce n’est pas encore tout à fait gagné, mais nous sommes sur un bon chemin.

Je précise que c’est l’article du journal Le Monde daté du 16 juin 2020 signé Virginie Malingre, ainsi que des articles publiés par le site Euractiv.fr dont je vous parlais dans mon précédent article sur ce blog, qui m’ont donné l’envie d’écrire cet article.

Ce qui a déjà été lancé, mais ne suffit pas

« La Commission européenne a suspendu le Pacte de stabilité et aménagé le régime des aides d’État, elle incite les États à dépenser sans compter ! Les 27 sont convenus d’un premier paquet de mesures d’urgence de 540 milliards d’euros. La Banque centrale européenne s’est engagée à injecter 1 700 milliards d’euros dans l’économie européenne », tout en demandant – elle aussi – aux États qui le peuvent de jouer leur rôle en dépensant plus. L’Allemagne, traditionnelle fervente de l’équilibre budgétaire à tout crin, a changé de pied en acceptant d’accroître ses dépenses d’investissement.

Ce qui est en cours : le plan de relance européen de 750 milliards d’euros

Le journal Le Monde daté du 16 juin en a retenu 5 points :

1) Organiser une dette européenne

La Commission européenne propose de s’endetter au nom des 27, son triple A lui permettant de se financer à des conditions très favorables. L’endettement et le remboursement se feraient au niveau européen.

2) Créer des impôts européens

Pour assurer le remboursement au niveau européen – qui ne commencerait qu’en 2028 -, la Commission propose de trouver des ressources propres à l’Europe : prélèvement sur les plastiques non réutilisables ou mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Ainsi l’UE serait identifiée par des taxes communes, ce qui représenterait une avancée démocratique.

3) Développer une solidarité européenne par les subventions

Sur les 750 Mias d’euros, la Commission prévoit d’en accorder 250 en prêts et 500 sous forme de subventions. Vous imaginez bien que les discussions entre les États « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark), ceux qualifiés de « dépensiers » ou de cigales (pays du Sud et France), et les pays de l’Est qui redoutent d’être sacrifiés, vont être chaudes et agitées ! Une première visioconférence a eu lieu vendredi, un sommet européen en présentiel à Bruxelles est prévu avant le 14 Juillet.

4) Octroyer des aides sous condition

Les pays bénéficiaires ne devront pas profiter de ces aides pour payer leurs dépenses de fonctionnement, mais bien pour financer des investissements. Ils devront présenter leurs plans d’investissement. En théorie pas d’obligation pour eux de faire des réformes de structure, en pratique les pays frugaux essaieront bien de les inciter à mieux gérer leurs comptes publics …

5) Jeter les bases d’une politique industrielle et de santé publique

Après avoir pris conscience, à la faveur du Cocid-19, qu’ils avaient inconsidérément délocalisé des pans essentiels de leur industrie en Chine et en Inde, les Européens ont décidé de les relocaliser en Europe, ce faisant de mettre sur pied une politique industrielle et de santé européennes et de retrouver une souveraineté économique européenne, et d’accepter par exemple de créer des champions européens (autre évolution de la Commission européenne).

Dans ces conditions, quel avenir pour l’UE ?

Le train est lancé, tout dépendra si les prochaines discussions éviteront chicaneries administratives et marchandages politiques, de la qualité de l’accord auquel seront parvenus les dirigeants européens, de la façon dont il sera mis en œuvre et de ses résultats. Comme le dit Jean Pisani-Ferry, si le plan se réalise rapidement, qu’il contribue au redressement des économies en difficulté et qu’il s’accompagne d’une cohésion accrue des États, alors il aura été utile et ajoutera une perspective prometteuse pour l’Europe.

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