Les trois crises

La semaine dernière, s’est tenue à Davos la réunion annuelle du Forum économique mondial FEM (WEF World Economic Forum), think tank mondial public/privé, traditionnellement considéré (et critiqué) comme le « rendez-vous de l’élite mondiale », où se retrouvent dirigeants d’entreprise, hommes politiques, acteurs de la société civile. Chaque année est choisi un thème de réflexion ; cette année, pour la 48e édition du Forum, c’était : « créer un futur partagé dans un monde fracturé ».

Klaus Schwab, fondateur et Président du Forum économique mondial de Davos

Au milieu des années 2000, Klaus Schwab, fondateur et dirigeant du FEM, nous prévenait : il annonçait la crise financière de 2008, qui serait suivie d’une crise économique, et enfin d’une crise sociale. «Nous avons géré la crise financière[1] et retrouvons de solides taux de croissance. Mais nous sommes coincés dans la crise sociale et vivons dans un monde plus que jamais fracturé», indique-t-il aujourd’hui, dans des propos rapportés par le journal suisse Le Temps. Il ajoute : «Dans ce monde en rapide évolution où les manières traditionnelles de gérer les changements ne suffisent plus, nous devons opter pour une approche collaborative, intégrée et constructive». Dès 2011, il avait dit : « abandonnons les excès du capitalisme pour plus d’engagement social » 

Nous sommes aujourd’hui en plein dans une crise sociale mondiale. Les inégalités se sont fortement accrues dans le monde entier : «1% de la population détient 99% de la richesse mondiale», selon les estimations de l’ONG Oxfam. Bon nombre de gens se sentent laissés sur le bord du chemin, voire abandonnés, moins en Europe que dans le reste du monde, moins en France que dans le reste de l’Europe.

Le danger principal de cette crise sociale est qu’elle est porteuse de populismes divers et variés.

La prise de conscience a été forte, un tournant a eu lieu selon certains, va-t-il engendrer des décisions concrètes ? Car, comme son nom l’indique, le Forum économique mondial est fait pour échanger, il ne prend pas de décisions. Une affaire à suivre…

Il a été aussi beaucoup question d’Europe : considérant que le contexte (« l’alignement des planètes ») était favorable, tous ont été d’accord pour souhaiter que l’Europe se dynamise et se transforme y compris par des coopérations renforcées[2]. Le domaine de la défense a été particulièrement cité.

 

China’s President Xi Jinping at the World Economic Forum in Davos, Switzerland, Tuesday, Jan. 17, 2017. (AP Photo/Michel Euler)

Il faudrait encore parler de bien d’autres choses, comme du discours de Xi Jinping en faveur du libre échange, de la mondialisation et de la coopération internationale. Et on sait qu’il soutient les initiatives contre le réchauffement de la planète.

 

 

 

 

 

[1] Bien qu’à Davos, le Fonds monétaire international (FMI) ait mis en garde contre l’arrivée proche d’une crise encore plus forte, au vu des inégalités croissantes, de l’instabilité et de l’incertitude persistantes sur la planète.

[2] Les coopérations renforcées, prévues dans le traité européen, consistent à avancer avec quelques pays qui le veulent dans un domaine, sans que les autres pays puissent les en empêcher.

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