Elections législatives en Italie : une mauvaise nouvelle pour l’Europe

Le 5 mars, deux grandes nouvelles dans deux grands pays concernent directement l’avenir de l’Union Européenne.

L’une concerne le vote par le SPD allemand de l’accord de grande coalition (dite Groko), qui ouvre la voie à la formation du nouveau gouvernement allemand et aussi à de futures réformes de l’UE. C’est une excellente nouvelle.

L’autre a trait à la montée spectaculaire des forces populistes et anti-européennes issue des élections italiennes du 4 mars, qui s’explique en grande partie par la démission des autres pays d’Europe face à l’afflux de migrants sur les côtes italiennes.

Avec trois conséquences essentielles :

1) De grandes interrogations sur le paysage politique à venir dans une Italie fracturée en trois, où aucune force politique n’a la majorité :  comment former un prochain gouvernement qui ne soit pas trop instable ? avec quelles alliances ? On peut cependant faire confiance aux politiques italiens pour élaborer des solutions à force de rapprochements, de discussions et de tractations dans les couloirs du parlement ! Rien à voir avec les négociations au grand jour en Allemagne !

2) C’est une défaite pour les modérés et les centristes. Il semble que ce ne soit pas une bonne période pour les partis socio-démocrates en Europe : ils ont baissé de façon significative aussi bien aux Pays-Bas qu’en Autriche, sans compter la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque.

3) L’euroscepticisme est plus vivace que les adeptes de la raison ne l’imaginaient. L’Europe est embarquée dans ce rejet. L’Italie s’est sentie abandonnée par ses partenaires européens sur la question des migrants. A plusieurs reprises, au nom d’une co-responsabilité sur un problème commun à toute l’Europe, Mateo Renzi avait demandé de l’aide aux autres dirigeants européens lors de sommets de chefs d’Etat (Conseil européen). Leur réponse a été de fermer leurs frontières ; même la France a « fermé » sa frontière aux migrants (contrôles et interpellations) à Vintimille, Menton, Modane. Les gens ont l’impression que les migrations sont hors de contrôle, et que « l’Europe » ne s’en occupe pas.

Or les questions migratoires ne dépendent pas de Bruxelles, la Commission européenne ne peut agir qu’à la marge. Elles dépendent de Paris, Rome ou Berlin. Les dirigeants européens doivent discuter entre eux et chercher de bons accords.  S’il ne sont pas capables de parler ensemble et d’imaginer des débuts de solutions, alors cela va s’aggraver.

4) Sans l’appui de l’Italie, il sera plus difficile de faire passer les réformes proposées par Macron, comme un budget et un super ministre pour la zone euro par exemple. Car l’Allemagne n’est probablement pas si enthousiaste d’avancer vers plus d’intégration européenne. L’appui italien aurait été important.

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